Je taille les sourires dans les plaies des montagnes

 

MARDI 05 MARS 

Le 108 

20h00 

JE TAILLE DES SOURIRES DANS LES PLAIES DES MONTAGNES, un film de Nelly Massera 

France | 2017 | 95 minutes | HD | couleur 

Soirée en présence de la réalisatrice

Achour a 30 ans. De jour comme de nuit, il marche, inlassablement. L’âme rebelle, il sillonne Alger et ses périphéries, squatte chez des amis et régulièrement quitte le centre ville pour retrouver la proche montagne en Kabylie, son alter ego. C’est dans ce paysage, marqué dans sa chair par la guerre et le terrorisme, que se poursuit une part de sa résistance, mobile et ascendante. 

Musicien algérien de punk-hardcore, Achour a un temps crié sa colère contre le régime de son pays et chanté « Anarchytecture ». Mais le mouvement s’est essoufflé, les amis se sont séparés. Son mur Facebook est devenu son carnet de notes, sa fenêtre ouverte sur le monde. 

C’est un cri lancé à l’écho des montagnes, entre mur virtuel, façades infinies des grands ensembles et les strates des falaises minérales. Un cri qui nous revient. 

 

« Lorsqu’on s’apprête à prendre une photo et qu’on regarde l’apparence du monde, on doit s’efforcer de regarder attentivement un objet concret. Au bout d’un moment ce n’est plus la surface de l’objet qu’on voit, mais l’intérieur de son image, son noyau. (…) La photographie et le cinéma n’ont pas le même format. Mais, à travers l’objectif, on observe un objet, le monde de l’objet, et c’est de là que va venir l’image. (…) Il n’y a pas de cadre à l’image, il s’agit d’observer. Il n’y a pas de monde limité. C’est pareil pour la peinture. Quand on regarde quelque chose, on ne peut se contenter d’un simple regard. Ce qui compte c’est se demander : « qu’est-ce qu’une chose ? » (…) On se demande comment regarder le sentiment qui en émane, et comment ce sentiment apparaît à travers l’image.(…) » 

Wang Bing / « Alors la Chine » (ed. Les prairies ordinaires) 2014