Un film écrit et réalisé par Charlie Rojo.

Documentaire | 105 minutes | DV-PAL | France | 2021 | Production Cent Soleils.

SYNOPSIS :

D’abord le monde d’avant le monde. Puis le cheval. Plus tard, les peintures dans les grottes. Plus tard encore, bien plus tard, le mouvement. Figé. Décomposé. Au sel d’argent. Marey. Muybridge. La naissance du cinéma. Aujourd’hui, des jeunes femmes, des lycéennes qui passent le bac « cheval ». Comme un appel. Comme un rappel. Celui des grottes. A quoi rêvent donc ces apprenties-cavalières ? Filmer les liens qu’elles tissent avec l’animal, elles qui ont le cheval chevillé au corps. Filmer cette rencontre.Sans le savoir, peut-être prolongent-elles un certain rapport au monde et au sauvage, à quelque chose qu’on tenait pour disparu.

A PROPOS DU PROJET :

Ce film a été initié en 2017 lors d’une résidence artistique au lycée agricole d’Amboise. Pendant près d’un an, en immersion totale dans cet univers, Charlie Rojo a filmé le quotidien des jeunes femmes de terminale en filière hippique.

A l’internat, dans la forêt, en cours comme à l’écurie, le film décrit le lien singulier qui se noue entre les jeunes cavalières et leurs montures.

Le réalisateur s’attache à décrire tout ce qui révèle l’âge charnière dans lequel se trouvent les lycéennes. Leurs rituels, leurs attitudes, leurs mots. Le lien qu’elles ont noué avec le cheval les rattache à un autre monde.

« Être heureux à cheval, c’est être entre ciel et terre, à une hauteur qui n’existe pas. » écrit Jérôme Garcin. Ce film s’attachera à explorer ce royaume à mi-hauteur, entre ciel et terre, dont seuls les chevaux et ces lycéennes d’un autre genre semblent détenir les clés ou le secret.

AUJOURD’HUI :

Charlie Rojo a réalisé une première version du film s’intitulant, La Belle Allure en coproduction avec Cent Soleils, Bip TV et TV Tours, avec le soutien de Ciclic-Région Centre Val de Loire.

Le réalisateur a pu grâce à une campagne de Crowdfunding travailler sur une version longue du film destinée aux festivals et à tout lieu susceptible d’accueillir favorablement un film dont la dimension plastique sert un questionnement majeur, celui des frontières de l’animalité comme de l’humanité en chacun d’entre nous.

CARNET DE TOURNAGE :

L’espace du lycée. Les couloirs, les salles de cours, le foyer. L’espace du haras. L’écurie, les boxes, la carrière, la forêt.

Le tempo des jeunes cavalières. Le tempo des chevaux. Des instants comme des mesures de vie battues par le rythme de l’horloge du temps du lycée ; des mesures de vie mais aussi des espaces, comme un territoire à explorer.

Mouvements et corps à corps. Allures et visages. Animaux et queues de cheval. Scolarité et équidés. Rires et murmures. Soins et caresses. Hennissements et chevaux fumants. Émois.

Entre rêve et réalité, à cheval entre fin de l’adolescence et premiers galops dans le monde professionnel. Et demain ?

PAROLES DE CAVALIÈRES…

« Au lycée, le matin on se lève, on parle cheval, le midi on parle cheval, le soir on parle cheval, et la nuit on rêve cheval. On devient presque des chevaux à force ! »

« Quand je pense au cheval, je me dis que c’est mon avenir, que c’est ce que je veux faire plus tard. Depuis que j’ai commencé à l’âge de cinq ans, j’ai pas décroché. C’est une passion dévorante. Quand tu tombes dedans, tu t’arrêtes plus. Je sais pas, c’est comme si tu trouvais ta moitié en fait. »

« Le cheval, ça m’aide à me concentrer, ça me rend sereine. Ça me calme. J’ai pas confiance aux gens. Je sais que c’est un truc qui va me bloquer dans la vie, je sais hein… C’est pour ça que les chevaux, ça m’aide petit à petit. »

« Je me rappelle la toute première fois où j’ai galopé. Tu formes une union avec un cheval, un animal. Un cheval c’est une part de gentillesse dans… dans une statue de fer. »

«  Au début les chevaux étaient sauvages et puis on les a mis à la main de l’homme. Bon, en quelque sorte, parce que je pense qu’on pourra jamais totalement les mettre à notre main. Ouais, je pense qu’il y aura toujours ce côté rebelle. On peut pas les mettre dans une case, on peut pas les mettre en boîte : ils ont leurs caractères, leurs sentiments, non, on peut pas… »

LE RÉALISATEUR :

Le cinéma de Charlie Rojo est un cinéma du voyage et du verbe, attentif à ce qui nous est contemporain et nous définit dans le présent, comme aux courants invisibles qui, sous la surface des choses, relient les hommes à l’universel.

Charlie Rojo fut d’abord chargé de la vérification des copies des films restaurés aux archives du film avant de devenir monteur, pour ensuite passer à la réalisation documentaire.

Il explore dans ses films les multiples voix et visages des mondes qui nous entourent : Images du temps d’avant (2000), Cargo (2005), Aran (2010), Ost (2012), Saint-Pétersbourg, Notes sur la mélodie des choses (2014). Il est également lecteur au sein de la société de production L’image d’après (Tours) et encadre des ateliers de cinéma dans les lycées et collèges. Récemment, il a participé au Festival international du film insulaire

et au festival Aux écrans du réel en tant que président et membre du jury.