Traverser est un film improvisé pour clarinette et accordéon qui réunit deux cinéastes et deux musiciens sur le plateau.

France | 2021 | 16mm | 45′ | Production Cent Soleils

CRÉATION MUSICALE : Sacha Gillard et Fred Ferrand

SYNOPSIS :

Dans la brume, des corps fantomatiques se croisent. La silhouette de Mamadou se détache et entreprend seul son pèlerinage. Il chute, se relève, traverse des paysages enneigés et pluvieux. Après une nuit trouble, il arrive à la lisière de la ville, dont les hauts buildings lui font une promesse . Lui aussi construira des tours.

Rêves de fuite, de cavale et de vie sauvage, le film explore la mise en mouvement dans un monde cloisonné.

UNE PERFORMANCE

Quatre artistes, deux cinéastes et deux musiciens, déploient sur scène les multiples facettes de la traversée à travers le dialogue de l’image et du son. Avec leurs instruments respectifs, clarinette et accordéon pour les musiciens, projecteurs 16mm pour les cinéastes, ils créent en temps réel un film improvisé.

Cette performance de “cinéma élargi” brise le cadre de la projection classique et invite le spectateur à une expérience immersive, totale : une traversée sensorielle.

DISPOSITIF

D’images hallucinatoires à des éclats de réalité, le film improvisé fait un état des lieux de la traversée. En accord avec le jazz des deux musiciens, la performance offre une lecture multiple et toujours changeante. Une libre circulation et méditation sur les images. Une expérience éphémère et unique, un spectacle différent à chaque représentation.

La mise en scène est simple, épurée, Les quatre performeurs sont éclairés par de petites lampes d’appoint. Les quatre instruments sont sonorisés directement.

L’écran est devant le public et les artistes. Le public est assis sur des chaises légèrement de biais de façon à ce qu’il puisse à la fois regarder les artistes entrain de manipuler leurs instruments respectifs et les images projetées sur l’écran. Diffractées par des prismes que les projectionnistes manipulent, ces images peuvent être démultipliées sur plusieurs surfaces de projection.

Nous explorons l’espace environnant le public, pour l’encercler, et traduire l’expérience de la traversée. Grâce aux optiques anamorphiques, les images peuvent se démultiplier/déployer dans l’espace tout comme se croiser en un même point, créant des effets de dilatation ou de resserrement de l’espace, soulignés ou amplifiés par le son.

BIOGRAPHIE DES ARTISTES

Sacha Gillard :

Formé au Conservatoire d’Orléans, puis à Paris en perfectionnement et en Belgique au Conservatoire Royal de Bruxelles, Sacha Gillard enregistre deux albums avec un quartet de clarinettes, Not’ébène, puis rejoint la fanfare La Belle Image (musiques latino-américaines) avec laquelle il enregistre plusieurs albums et se produit en France et en Europe. Il s’oriente alors vers les musiques jazz et improvisées, notamment au sein des fanfares de rue comme Les Effarés et La Compagnie du Coin. En 2015, il entre dans l’orchestre du Tricollectif qui se produit dans les plus grands festivals de jazz (Europa jazz, Jazzdoor, Vagues de Jazz, Banlieues bleues…). Sacha Gillard a participé à l’interprétation de la bande originale (signée par Grégoire Hetzel) du film de Louis Garrel Petit tailleur, et poursuivi ce travail d’écriture à l’image avec Théo Ceccaldi sur le spectacle de Bastien Crinon Petit Mi Grand.

Elsa Pennachio :

Elsa Pennachio a fait des études de sciences politiques avec le désir de devenir photographe de presse. Son mémoire de fin d’études à l’IEP d’Aix questionne les “identités blessées” à partir d’une série photographique réalisée à l’Institution des Invalides de la Légion Étrangère. Elle obtient la bourse “brouillon d’un rêve” pour ce projet et réalise avec le GREC un court métrage sur le syndrome de stress post-traumatique d’un jeune légionnaire américain : Le Diable marche avec nous. Elle se forme au 16mm en devenant assistante opératrice avec Jean-Pierre Beauviala, inventeur des caméras AATON, au Polygone étoilé à Marseille. Elle intègre ensuite le Master Réalisation Documentaire de Lussas où elle réalise le film Adieu Choupinette.

Joyce Lainé :

Après des études de physique à New York, Joyce Lainé a été formée au sein de l’atelier MTK, un laboratoire collectif de pratiques cinématographiques artisanales, fondé par Christophe Auger et Xavier Querel, membre avec Jerôme Noetinger de La Cellule d’Intervention Metamkine. Depuis 1987, Metamkine crée des performances alliant projections 16mm et musique électroacoustique.

Le travail de Joyce Lainé, alias Lucrecia sur scène, se situe dans cet héritage “d’expanded cinema” ou “cinéma élargi”. Ses performances sont issues d’une pratique de found footage.

Dans son travail avec l’Ensemble UN, elle cherche à convoquer une réaction synergique entre texture, rythme et improvisation avec les musiciens.

Fred Ferrand :

Fred Ferrand débute l’accordéon chromatique dans la petite école de musique de Nemours (77) et s’initie aux répertoires musette et classique. Aiguillé quelques années plus tard vers Thierry Bretonnet, il découvre le jazz et le swing. De 2002 à 2007, il s’initie à l’improvisation et mène en parallèle ses études aux Beaux-Arts d’Orléans. il marie alors différentes disciplines.

Son implication dans des groupes très différents développe petit à petit un style riche, aux multiples facettes. Il est improvisateur dans le groupe de musique tsigane Dzaw Dzaw, arrangeur et musicien dans le spectacle de cabaret Chansons dégénérées dans lequel il accompagne Jérôme Marin en compagnie d’Angèle Leroy, compositeur dans le groupe Albert Tandem, en compagnie de Arnaud Roi, Muriel Blondeau et Laure Borettaz… Il tourne depuis plusieurs années dans le spectacle de théâtre d’objet La balle rouge et accompagne Aimée Leballeur et Valérian Renault dans Jean Yanne, Bach to twist et dans Damedom.

FICHE TECHNIQUE

Durée | 45 min

Équipe | 4 artistes (2 musiciens, 2 projectionnistes), 1 ingénieur du son

Espace | Un espace de projection, noir complet

Temps de préparation | 2h : test images, écrans, balances